La Turquie dans l’Islam et contre l’arabisme [Analyse, Géopolitique]

Publié le par Pauline Prodhome


Le nationalisme Turc est une idée essentiellement née des ruines de l’Empire Ottoman en 1918. Au XV° siècle, après Tamerlan, on assiste certes au développement du tchaghataï comme langue littéraire mais la prise de Constantinople en 1453 efface l’idée turque au profit de l’idée dynastique ottomane qui reprend, dans la succession des Arabes, le drapeau de l’Islam sunnite. Pourtant, le fait que l’Empire ait officiellement lié la turcité et se soit présenté comme ottoman, cosmopolite et musulman, ne permet pas de répondre à la question complexe : l’Empire ottoman était-il un empire Turc ? L’ambition de la Turquie au XX° siècle est pourtant de redevenir le leader culturel, économique et politique du monde Turc. Il compte aujourd’hui  sur l’appui des Etats-Unis et d’Israël pour contrer l’axe nationaliste arabe et l’influence iranienne et étend son influence sur les Balkans et une partie de l’Asie Centrale.


Le panarabisme est une question géopolitique par excellence puisqu’elle souligne, à travers l’affrontement du nationalisme arabe et du panislamisme, le combat de l’ethnie et de la religion. Les arabes existent donc avant Mahomet, ils sont païens, chrétiens ou juifs et leur facteur essentiel de différenciation est la langue arabe comme le montre la poésie du VI° siècle.  Maxime Rodinson a tenté de distinguer les critères de l’arabité. Sont arabes ceux qui : parlent la langue arabe et/ou la considèrent comme la langue « naturelle » // Regardent comme leur patrimoine historique et culturel celui du peuple arabe (l’Islam en fait partie mais n’est pas le seul) // Revendiquent l’identité arabe et ont une conscience d’arabité. L’histoire du nationalisme arabe commence par la réaction contre la domination Ottomane. Deux évènements y préludent : le wahhabisme : Wahhab dénonce la corruption de l’empire ottoman qui se réfugie en 1749 auprès d’un chef bédouin du Nadjd. Celui-ci chasse les ottomans des lieux Saints et menacent les capitales des anciens califats arabes. Les Wahhabites sont finalement arrêtés par Méhémet Ali qui servait alors les ottomans // et l’expédition de Bonaparte en Egypte 1798 : L’Egypte connaît la conquête arabe et l’islamisation à partir de 640. Jusqu’en 868 elle est dominée par les Omeyyades (Damas) et les Abbassides (Bagdad). Indépendante de 969 à 1171, elle est le siège d’un califat chiite ismaélien avant d’être à nouveau soumise par les Ayyubides entre 1171 et 1250. Vient ensuite la domination des Mamelouks. Napoléon en 1798 veut restaurer le sentiment national Egyptien contre les Mamelouks. Il constitue donc les germes du sentiment nationaliste Egyptien. Méhémet Ali reprend alors après le départ de Bonaparte l’idée d’un grand Etat arabe indépendant et moderne. Aujourd’hui, son  porte drapeau est le bathisme.  Mais Finalement, le nationalisme arabe pose la question d’un projet qui a toujours échoué dans ses finalités. Pour le géographe Xavier de Planhol enfin, le nationalisme arabe a une dynamique anti-turque (c’est-à-dire anti-panislamisme turc), anti-européenne qui resterait en 1° lieu musulmane mais affirmerait une identité arabe permettant d’attirer les chrétiens.


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