La crise économique des années 1970 [Analyse, Histoire, XX°]

Publié le par Pauline Prodhome

Les causes de la crise

Les mutations structurelles

On remarque un essoufflement du fordisme et une usure du modèle de croissance fondé sur la demande. De plus, le progrès technologique provoque une désindustrialisation dans les pays de l’OCDE. Enfin, la concurrence des pays du Tiers Monde dans les secteurs traditionnels (ex. :délocalisation du textile) affaiblit les pays industriels.

La crise monétaire

Les problèmes du dollar en sont la première cause. En effet, on assiste à une forte demande de dollars et à une aggravation  du déficit de la balance des paiements américaine qui conduit à la fin du système de Bretton Woods le 15 août 1971 lorsque Nixon suspend la convertibilité du dollar.

Ensuite, l’échec du retour à des parités fixes est caractérisé par :

•   Les accords de Washington (18 décembre 1971) : tunnel monétaire : +/- 2,25% par rapport au dollar.
•  Les accords de Bâle (24 mars 1972) : serpent monétaire dans la CEE : +/- 1,125% par rapport à la parité avec le dollar.

Le régime des changes flottants devient la règle comme le montre la conférence de la Jamaïque (janvier 1976) qui instaure nouvelle monnaie internationale : les droits de tirage spéciaux (créés en 1969), basés sur 5 monnaies.

La crise pétrolière

Durant les chocs pétroliers, le baril passe de 3 à 34 $ à cause de la guerre du Kippour (1973) et de la révolution iranienne (1978).  Le contre-choc pétrolier se symbolise par une chute des cours (de 34 à 7 $ à l’été 1986 à cause de la surproduction de pétrole dans les pays de l’OPEP) et Stabilisation à 18 $ en 1986.

Les aspects de la crise

La stagflation

On assiste à une grande dépression économique qui se manifeste par un effondrement du PIB (croissance négative de 1975 à 1980) et un affaiblissement du commerce international. De plus, on compte 30 millions de chômeurs dans l’OCDE en 1986.

Ensuite, l’inflation a pour cause le gonflement de la masse monétaire liée à une demande importante et une hausse des prix des produits. Elle se manifeste par des prix multipliés par 2 de 1974 à 1982 et a pour conséquence un endettement + faiblesse des investissements.

Les menaces de krach international

Le déluge monétaire est latent à cause des organisations internationales (FMI, CEE…) qui distribuent des crédits pour financer les déficits, ce qui accroît les liquidités.

En plus de cela, on assiste à un surendettement sur le plan international puisque Les Etats-Unis sont les premiers débiteurs du monde tandis que la dette des PVD a été multipliée par 12.

Enfin, il y a un Gonflement des marchés financiers dans les années 1980 à cause de l’abondance des capitaux disponibles, de la spéculation et de la mondialisation des échanges. Cela aboutit à un mini krach en octobre 1987 à cause du décalage entre une activité ralentie et le gonflement des valeurs en bourse.

Les remèdes à la crise

Les politiques nationales

La priorité des pays est la lutte contre l’inflation. Au Japon, il y a une certaine adaptation grâce à un protectionnisme rampant et un appel à l’épargne privée qui maintien une partie des exportations. Aux Etats-Unis, la gestion de la crise se fait par une politique monétariste stricte de Reagan qui se traduit par des taux d’intérêt élevés accompagné d’une rigueur budgétaire et salariale. En Grande-Bretagne ensuite, le thatchérisme se définit par une politique monétariste encore plus stricte, qui aggrave les déséquilibres sociaux. En RFA, se met en place un  consensus social puisque les syndicats acceptent la rigueur salariale.

En France enfin, on note un échec de la relance avec Barre puis Mauroy. Cela se caractérise par une vague libérale et désengagement de l’Etat, un refus du keynésianisme et du Welfare State et un retrait de l’Etat qui marque un certain retour au libéralisme, avec une déréglementation, une liberté des prix et des privatisations. En revanche , l’Etat s’affirme dans ses choix énergétiques, avec une réduction de la consommation pétrolière et un remplacement par l’énergie nucléaire.

Tentatives d’assainissement du commerce international

Plusieurs rounds du GATT mettent l’accent sur la libéralisation des échanges. Il s’agit du Tokyo Round (1979) sur la réduction des droits de douane et de l’Uruguay Round (1986) sur la réduction sur les services et les produits agricoles. On assiste à une véritable vague d’interdiction du dumping et du protectionnisme.

Pourtant, un certain nombre de guerres commerciales voient le jour. Entre les Etats-Unis et l’Europe, d’abord au sujet de la politique agricole et des problèmes de subventions de l’Etat sur l’agriculture nationale ; mais aussi entre les pays de l’OCDE et les PVD puisque les pays industrialisés se protègent (ex. : Accords multifibres dans le textile en 1973).

Poursuite de la crise dans les années 1980

La persistance des déséquilibres

L’endettement se généralise sur le plan international, autant dans les pays inustrialisés que dans les pays n développement. Dans les premiers, le principal problème est celui de l’endettement des ménages qui ont maintenu leur consommation grâce à l’emprunt et non à l’épargne. Dans les PVD, le remboursement de la dette absorbe un quart des recettes d’exportation.

D’autre part, on assiste à une incapacité générale à utiliser les instruments économiques adéquats car les pays industrialisés sont trop déficitaires et trop endettés pour utiliser la politique budgétaire comme instrument de régulation conjoncturelle. Le résultat de cela est l’aggravation des déséquilibres monétaires par le jeu des taux d’intérêt.

L’impact social de la crise économique

Le syndicalisme est en crise puisqu’on note une réduction constante de ses effectifs. En dehors de ce phénomène, c’est pourtant un changement social plus important qui transparaît. Effectivement, on assiste à une totale remise en cause de l’Etat providence qui ne peut plus garantir le niveau de protection qu’il assurait en période de prospérité. Cela s’accompagne de la persistance du chômage, qui devient un phénomène de société et dont la durée s’allonge. Enfin, il y a une naissance de la nouvelle pauvreté dans les pays industrialisés, qui s’accompagne de d’une nécessaire flexibilité du travail : modulation du temps de travail en fonction de l’activité économique. Les emplois précaires se multiplient.



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