Israël et le Monde Arabe de 1947 à 2002 [Chronologie, Analyse, Histoire, Guerre]

Publié le par Pauline Prodhome

Israël est un Etat juif au milieu de pays arabes et nous allons étudier les relations de ces deux espaces d’un point de vue géopolitique  où les enjeux dépassent le strict cadre régional (problèmes de Pétrole, Islam, Occident…)
 
Le Sionisme (mouvement politique et religieux juif qui cherche à restaurer un Etat d’Israël en Terre Sainte qui apparaît à la fin du XIX° siècle) est pris en compte par la Grande Bretagne qui reconnaît avec la « déclaration Balfour » en 1917 le droit des juifs à la création d’un Etat en Palestine.

Après le génocide et la fin de la guerre, les sionistes ont souhaité imposer la création d’un Etat juif en Palestine. Les anglais qui exercent un mandat sur la région y sont opposés et tentent de juguler l’immigration des juifs européens vers Jérusalem. L’exemple en est l’affaire de l’Exodus où les passagers sont refoulés vers l’Allemagne  en juillet 1947.

Dans notre étude, nous chercherons à savoir si au-delà du conflits et de la haine, il persiste des chances de paix.

La naissance d’Israël

Le rôle de l’ONU

Une commission d’enquête a mis au point une solution au problème palestinien qui sera adoptée par l’assemblée générale en novembre 1947 par différents pays dont les USA et l’URSS. Cette solution prévoit :

• La création de deux Etats, l’un juif et l’autre arabe
• Une union économique des deux Etats
• Un statut indépendant pour Jérusalem, sous l’administration de l’ONU

Les origines politiques de l’Etat hébreu

Malgré l’opposition des arabes au plan de l’ONU, David Ben Gourion (un des dirigeants sionistes qui sera premier ministre jusqu’en 1953 de l’Etat d’Israël) proclame la création de l’Etat juif le 14 mai 1948 à Tel Aviv. Cette déclaration d’indépendance s’appuie notamment sur deux arguments légitimant la présence juive en Palestine :

• L’histoire : les juifs sont le peuple élu et le choc du génocide
• Le droit international : résolution de l’ONU


La guerre d’indépendance (novembre 1947 - janvier 1949)

Le 15 mai 1947 soit le jour du départ de l’armée britannique, les Etats de la ligue arabe envahissent le nouvel Etat juif. Grâce au soutient des deux grands (USA et URSS), et à la livraison d’armes tchécoslovaques, les israéliens repoussent les forces arabes et annexent les territoires conquis. Des milliers de palestiniens fuient alors leur pays et se réfugient dans des camps chez leurs voisins arabes.

Une ère de conflits : cinquante ans de relations israélo-arabes

Les guerres israélo-arabes

1956 : Israël attaque par surprise l’Egypte selon les souhaits de la France et de la Grande Bretagne qui veulent conserver la maîtrise du canal de Suez. Cependant, Israël doit rendre le Sinaï et la bande de Gaza.

1967 ou La guerre des six jours (5 – 11 juin) : Se sentant menacé par une nouvelle alliance des pays arabes sous l’égide de Nasser (chef du gouvernement égyptien), l’Etat juif lance une opération militaire préventive qui conduit à l’effondrement des armées ennemies. Les gains territoriaux sont très importants 

• Sinaï
• Bande de Gaza
• Cisjordanie
• Plateau du Golan

L’Égypte se rapproche alors de l’URSS et dénonce l’impérialisme américain.

1973 ou la guerre de Kippour (6 octobre) : la Syrie et l’Egypte (de Sadate) attaquent par surprise Israël à l’occasion d’une fête religieuse. Le plan semble réussir puisque « Tsahal » (l’armée israélienne) recule dans le Sinaï. Cependant, Israël réagit en bloquant l’attaque syrienne sur le Golan et en contre-attaquant vers l’Egypte (jusqu’à 100 km du Caire). Sadate recherche l’alliance américaine, qu’il estime nécessaire pour imposer la paix.

1978 et 1982 : intervention de l’armée israélienne au sud du Liban (opérations « Litani » et « Paix en Galilée »)

La paix avec l’Egypte : une occasion manquée

On notera les accords de camp David entre Sadate et Begin en septembre 1978 où le président égyptien Anouar El Sadate sous l’impulsion du président des Etats-Unis, M. James Carter, signe avec le premier ministre israélien Menahem Begin, deux accords :

• Conclusion d'un traité de paix entre les deux pays (il sera signé le 26 mars 1979 à Washington) et permet à l'Egypte de récupérer le Sinaï en 1982.
• Fixation d’un cadre de la paix au Proche-Orient confiant le sort de la Cisjordanie et de Gaza à des négociations égypto-israélo-jordano-palestiniennes devant déboucher sur une autonomie transitoire.

Pourtant, la situation s’aggrave :

• Assassinat de Sadate en octobre 1981
• Annexion définitive du Golan en 1982 par Israël pour des raisons de sécurité militaire et de maîtrise de l’approvisionnement en eau
• Jérusalem devient la capitale de l’Etat hébreu en 1982
• Intensification de la colonisation juive notamment en Cisjordanie

L’OLP

En 1964, devant l’échec des armées arabes, la résistance palestinienne (dont le fatah dirigé par Yasser Arafat) s’unifie dans une seule organisation : l’OLP qui a pour objectif la destruction de l’Etat hébreu par des actions terroristes. Ces idées sont indiquées dans la charte de l'OLP établie en mai 1964.

En 1970, les palestiniens quittent la Jordanie pour le Liban qu’ils abandonnent pour la Turquie après l’entrée de l’armée israélienne à Beyrouth ( en avril 1973) et l’assassinat de trois importants dirigeants de l'OLP.

Une paix impossible ?

Les germes de paix

A la fin de l’année 1987, lors du déclanchement de l’Intifada (attentat suicide) dans les territoires palestiniens, Israël pense à négocier d’autant qu’Arafat déclare la charte de l’OLP caduque en 1988. De plus, à la fin de la guerre du Golfe, les Etats-Unis, face aux menaces sur la sécurité d’Israël, peuvent proposer un plan de paix.

Dans ce contexte, les accords d’Oslo sont signés le 13 septembre 1993 à Washington. Cette négociation entre l’OLP et le gouvernement israélien donne lieu à deux idées principales :

• Reconnaissance des deux parties
• Cessation progressive de l’autorité sur les territoires palestiniens

Des pressions internationales contradictoires

• Les Etats arabes font des efforts (Egypte et Arabie Saoudite) malgré leur retentissement (Syrie)
• L’Union Européenne reste bien discrète
• Les Etats-Unis : implication très grande du président Bill Clinton pour la création d’un Etat palestinien. Cette politique est reprise (au moins dans les discours) par l’administration Bush  mais les Etats-Unis s’opposent à toute condamnation d’Israël par le conseil de sécurité.


Les hypothèses sur l’avenir

Plusieurs éléments semblent jouer contre une paix prochaine :
• Manque de cohérence géographique de l’autorité palestinienne
• Assassinat du principal artisan de la paix en novembre 1995 : le président israélien Y. Rabin
• Poursuite de la colonisation juive
• Activité de terroristes musulmans (le Hamas) qui ruine tout effort de négociations
• Reprise des violences en septembre 2000 avec des scènes atroces après les provocations d’Ariel Sharon
• Election de Sharon : reprise de l’Intifada, des attentats et des extractions militaires israéliennes.

Conclusion

Malgré la légitimité des revendications juives de l’après-guerre, la création de l’Etat d’Israël plonge l’ensemble du Proche Orient dans une spirale violente qui oppose à la foi les Etats, mais aussi les peuples.

Avec du temps et du courage politique, d’importantes concessions ont été consenties d’une part et d’autre qui ont conduit à la paix. Depuis peu, il est permis de s’interroger sur le devenir de la région puisque les relations entre les deux Etats se détériorent. De plus, les violences entre les peuples éloignent un peu plus chaque jour de la réconciliation.

La responsabilité des dirigeants est plus que jamais engagée, sauront-ils imposer la voix de la sagesse et lutter (au péril de leur vie comme Sadate et Rabin) contre ceux qui soufflent sur les braises encore mal éteintes de la haine.



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Publié dans www.stratogeo.com

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Davis 17/07/2006 10:39

Faire un historique des relations entre Israël et le monde arabe est une initiative utile, quoique frustrante : Les évènements et les conclusions sont en perpétuel changement.
Ton analyse est pertinente ; quoique justement pas mise à jour.
Attention aussi à la mise en page, qui complique parfois la lecture !