Le concept d'occident a t'il une pertinence géopolitique ? [Théorie, Global]

Publié le par Pauline Prodhome

Couramment, le terme occident signifie Ouest, en contradiction avec orient qui désigne l’Est. L’Occident serait alors une partie du monde en opposition à une autre puisqu’on se situe toujours à l’ouest de quelque chose.

Plus précisément, ce terme est souvent utilisé par les journalistes pour évoquer une partie du globe partageant des caractéristiques communes, née du contact entre le monde européen et les autres continents. Cette zone géographique est même aujourd’hui délimitée dans Le Petit Robert par le Traité de l’Atlantique Nord signé en avril 1949.

Pourtant, cette notion est dynamique puisqu’elle ne recouvre pas la même signification suivant les époques. Ainsi, on peut se demander si ce concept a réellement une pertinence géopolitique et ainsi si l’Occident est véritablement un espace défini recouvrant une histoire et des aspirations communes.

Dans cette vision critique de l’Occident, il conviendra d’en étudier les principales caractéristiques communément admises et leur évolution dans l’histoire pour savoir si elles sont aujourd’hui pertinentes pour faire de l’Occident un espace unifié. L’espace géographique, les valeurs et les ennemis de l’Occident seront ainsi tour à tour remis en question.

 

Dans un premier temps, il convient de situer l’Occident sur une carte du monde afin de vérifier si celui-ci correspond à une véritable réalité géographique.

 

L’Occident est né en Europe à partir du IV° siècle, sous une large impulsion Française, guidée par Rome et orientée vers l’Ouest. En effet, le concept est apparu avec la division de l’Empire romain en 395 entre l’Orient et l’Occident. La « Roma Occidentalis » fut supprimée en 476 avant de renaître sous l’impulsion de Charlemagne couronné en 800. Celui-ci, protégé par le pape en concurrence avec Byzance représentante de l’Empire d’Orient, aide Rome à développer son influence vers la Gaule, l’Espagne, les îles Britanniques et la Germanie. De plus, la montée en puissance de l’Empire capétien dès le X° siècle et la résistance contre les invasions barbares a permis à la « Francia » d’affirmer sa puissance et de développer le concept d’Occident. La conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066 enfin a soudé géographiquement l’Occident puisque ce dernier a imposé son système de gouvernance aux régions qu’il a soumis. L’occident s’est donc créé autour de la France et de Rome vers le reste de l’Europe (Germanie, Espagne et Angleterre principalement). Durant tout le Moyen Age et même l’époque moderne, les frontières occidentales sont quasiment restées inchangées malgré les divers conflits qui les ont opposés tels que « La guerre de Cent Ans » qui s’est déroulée de 1337 à 1475 entre la France et l’Angleterre. On peut donc noter que, si l’Occident pouvait alors se représenter géographiquement, il n’en restait pas moins divisé.

Avec la montée en puissance des Etats-Unis au XIX° siècle et surtout sa sortie de l’isolationnisme au cours du XX° siècle, les frontières de l’Occident se sont largement modifiées. La découverte de l’Amérique en 1493 a ouvert l’espace à un « Nouveau Monde » situé encore plus à l’Ouest que l’Occident. Ensuite, les colonisations Européennes et la mise sous tutelle anglaise ont permis à la partie Nord Est du continent de s’ « occidentaliser » jusqu’à devenir indépendant de l’Europe en 1781 et se doter d’une constitution propre et démocratique. Le pays s’est unifié et a acquis du territoire durant toute la première moitié du XIX° siècle en s’écartant de « l’Europe Occidentale » et en se tournant plutôt vers l’Ouest, c'est-à-dire l’océan Pacifique, pour se concentrer sur son propre développement économique. Les progrès américains furent tels que les Etats-Unis figurèrent parmi les chefs de file de la seconde révolution industrielle. L’isolationnisme américain envers l’Europe fut pourtant brisé au cours de la première moitié du XX° siècle par les deux guerres mondiales jusqu’à ce que les Etats-Unis se trouvent réellement imbriqués dans l’Europe occidentale au point de devenir le « chef de file de l’Occident ». D’autre part, l’Allemagne s’est en même temps exclue de l’Occident, d’abord volontairement en s’opposant à l’Europe de l’Ouest, puis en étant le point de division de l’Est et de l’Ouest. Les frontières de l’Occident se sont donc déplacées vers l’Est autour des Etats-Unis et de leur zone d’influence (Canada, Australie et zone pacifique)  durant le XX° siècle.

Aujourd’hui, les frontières géographiques de l’Occident sont difficiles à définir clairement, autant au niveau de l’Europe que à l’échelle mondiale. Tout d’abord, on doit se demander si l’Europe occidentale suit les frontières de l’Union Européenne. Si la réponse est positive, on peut constater un  déplacement de l’Occident vers l’Est, c'est-à-dire l’Orient, avec l’entrée des nouveaux membres, anciens pays de l’Union soviétique. De plus, avec la future entrée de la Turquie un mouvement vers le Sud, c'est-à-dire le Moyen-Orient, est prévu. Dans ce cas, l’occident aurait radicalement changé d’orientation. Mais on peut plutôt penser que c’est la situation inverse qui s’est produite c'est-à-dire que c’est l’Europe qui est en train de se « désoccidentaliser ». On remarque que l’Europe se divise entre son noyau dur occidental et les autres pays. De plus, le Royaume-Uni, très proche des Etats-Unis et faisant partie intégrante du monde occidental se retire progressivement de l’Union Européenne, ce qui  montre bien les divisions européennes. Au niveau mondial ensuite, les frontières sont difficiles à percevoir entre les différentes zones géographiques et même à l’intérieur de chaque pays. On peut en effet citer en exemple le cas d’Israël qui est devenu un pays occidental au cœur de la zone musulmane ou bien encore de la Chine qui voit sa côte Ouest s’occidentaliser tandis que l’intérieur des terres reste marginalisée. Il est dont très difficile, voir impossible de représenter l’occident géographiquement aujourd’hui d’autant plus qu’on remarque une certaine absence de critères ethniques. Certes l’Occident est la terre d’élection des « Blancs » mais ces derniers débordent largement les limites du monde occidental au demeurant ouvert à des populations de couleur.

  
 

Les frontières géographiques de l’Occident, si elles ont toujours été vagues, semblent aujourd’hui être plus inconsistantes que jamais. Il se peut alors que ce concept témoigne d’une réalité culturelle plus que géographique.

 

L’idée d’Occident s’est fondée autour de la religion catholique depuis la conversion de l’Empereur Constantin en 312 qui politisa la religion. Comme on l’a vu précédemment, le pape de Rome a été d’une grande importance dans la construction de ce concept en développant son influence dans l’Europe de l’Ouest. Ainsi, l’Espagne, la Gaule, les îles britanniques et la Germanie furent placés sous l’autorité pontificale de Rome du VIII° au XI° siècle. A cette époque, le développement des monastères permit de doter ces pays d’une certaine forme de vie culturelle et sociale uniformisée. Ce mouvement a permis la naissance d’une réflexion proprement occidentale. Ensuite, les colonisations se sont faites sous une justification principalement religieuse ; dans une volonté d’apporter la foi et l’alphabétisation aux « sauvages ». Cette recherche expansionniste de la chrétienté a permis la diffusion des idées occidentales qui ont commencé alors à se vouloir universelles. On peut pourtant remarquer que la religion seule n’a ne crée pas un pays occidental car, si les Etats-Unis sont entrés dans cette zone, c’est plus grâce aux mouvements de populations et à l’expansion économique. A l’inverse, l’Afrique très tôt christianisée n’a jamais eu les critères pour être jugé comme un pays occidental. Au XVII° siècle enfin, l’apparition du Protestantisme principalement en Angleterre et aux Etats-Unis n’a pas créé de rupture en Occident. Les pays Anglo-saxons sont restés plus que jamais occidentaux et ce mouvement a seulement permis une évolution des idées vers le libéralisme comme le montre Max Weber dans ses réflexions.

Avec le déclin du domaine religieux et les différentes révolutions, l’Occident est devenu un ensemble culturel, voir idéologique. Cette transformation de l’unité religieuse en unité culturelle s’est effectuée en plusieurs étapes. Tout d’abord, le Siècle des Lumières qui s’est déroulé en France au XII° siècle a provoqué une remise en question politique et religieuse de toute l’Europe de l’Ouest. Avec la révolution française de 1789 et surtout les conquêtes napoléoniennes, ce mouvement s’est renforcé. Dans le même moment, les bouleversements économiques ont déshumanisé le travail et engendré une révolution libérale des idées qui a aboutit sur l’émergence d’une pensée positiviste. Du VII° au XIX° siècle, les pays occidentaux ont donc coupé le lien unificateur de l’Eglise pour s’emparer de celui de la philosophie politique libérale et humaniste. Cette pensée s’est voulue directement universelle, voulant construire le monde à l’image de l’occident. Cette recherche d’universalité s’est illustrée jusqu’au XX° siècle avec la rédaction en 1789 d’une « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » complétée en 1948 par une « Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen ». Durant la guerre froide enfin, l’Occident a perdu de son contenu culturel pour revêtir une forte dimension idéologique. Dans la vision de l’occident, il fallait alors comprendre la défense du libéralisme économique et de la démocratie.

Aujourd’hui, devant la mondialisation des idées, la culture Occidentale a du mal à s’imposer, voir à se définir clairement. Effectivement, si on retrouve certaines caractéristiques communes aux pays occidentaux, il est difficile de penser l’Occident comme un ensemble culturel uni. Pour parler d’unité, on peut faire référence aux pratiques institutionnelles démocratiques avec la mise en place du primat de l’individu dont les droits et les convictions sont garanties par les institutions ou encore aux principes de l’économie de marché libérale. Pourtant, avec la mise en place d’un fort interventionnisme de l’Etat dans les domaines économiques et privés inspirés du Keynésianisme ont rendu ces concepts moins pertinents. De plus, ces valeurs se sont largement diffusées dans le monde, en suivant la volonté d’universalisme de l’Occident, ce qui fait qu’ils ne sont plus l’apanage propre du Nord-Ouest. D’autre part, de nombreuses de nombreuses différences culturelles et idéologiques existent entre les pays occidentaux. On peut évoquer à titre d’exemple la place faite à la religion. Alors que le Royaume-Uni se divise entre Etats catholiques et protestants et que l’Espagne a conservé le catholicisme comme religion officielle, la France et les Etats-Unis se disputent deux visions contraires de la laïcité. Le premier voit la laïcité comme l’absence totale de religions dans le domaine public tandis que le second la perçoit au contraire comme l’acceptation de toutes les religions. Il n’y a donc plus depuis la fin de la guerre froide une propre culture unifiée de l’Occident, mais un véritable brassage culturel entre les différents espaces géopolitiques.

 
 

L’unité culturelle de l’Occident, en évoluant au fil des siècles, a perdu aujourd’hui toute consistance. En dernière alternative, on pourrait penser que cet ensemble s’est rapproché contre des ennemis communs. Mais est-ce bien vrai ?

 

L’Occident a pris naissance lors de son affrontement avec les autres religions et principalement le polythéisme romain, l’Eglise orthodoxe et l’Islam. La persécution des premiers chrétiens romain jusqu’au IV° siècle a créé une forte communauté souterraine qui se regroupait sous le signe du poisson. C’est lors de ces réunions secrètes que s’est introduite la notion d’unité entre les chrétiens. Victorieuse du polythéisme romain, la religion chrétienne a alors pu s’imposer en Europe jusqu’à devenir le maître de lance de la future civilisation occidentale. C’est pourtant plus tard, dans la confrontation avec l’Eglise orthodoxe regroupée autour de Byzance dans toute l’Europe de l’Est (Bulgarie, Moldavie, Serbie, Russie…), que l’Occident est a véritablement pris naissance. Ce conflit a débuté très tôt mais il a atteint son paroxysme lors du Grand Schisme de 1054, après les deux discordes de 863 et 867. Ce conflit armé qui a opposé Rome et Constantinople, notamment lors de la seconde croisade, marque la division des deux mondes d’« Occidens » et d’« Oriens ». La confrontation entre l’Occident et l’Orient quand à elle se mis en place dans la lutte contre les turcs et aboutit à la chute de l’Empire Byzantin en 1204. Il semblerait que l’Occident se soit principalement enraciné dans sa confrontation à l’Islam. Ceci est démontré par l’importance des croisades qui ont servi de justification et surtout de moyen d’expansion pour la culture catholique occidentale. L’occident est donc réellement née en s’opposant, surtout que durant l’age de l’impérialisme il a étendu ses principes, souvent par la force, au reste du monde.

Lors de la Guerre froide, l’Occident s’est opposé au « Bloc de l’Est » derrière les Etats-Unis. Ce conflit idéologique de l’Occident a commencé dès la première partie du XX° siècle, lors des deux guerres mondiales où les Etats-Unis, d’abord hésitants, sont venus en aide aux puissances occidentales européennes contre les assauts allemands. Durant la période d’après-guerre effectivement, ce processus s’est radicalisé puisque les deux grandes puissances mondiales se sont opposées, chacune entourée de sa zone d’influence. Le monde était alors coupé en deux avec la division de deux mondes, mais surtout de deux idéologies. Dans la vision américaines, les deux blocs se caractérisaient comme suit : l’Ouest occidental, capitaliste et démocratique en opposition l’Est communiste et totalitaire. Durant cette seconde moitié du XX° siècle, tout le domaine des relations internationales était accaparé par cette vision bipolaire du monde, créant ainsi une apparente unité renforcée de l’Occident. Pourtant, même au cœur de la guerre froide, il ne faut pas oublier les différences qui existaient dans la partie Ouest. En effet, on peut citer l’opposition de la France à l’hégémonie américaine incarnée dans la personne du Général De Gaule qui l’a poussée à s’exclure du commandement intégré de l’OTAN en 1966 et à reconnaître la Chine communiste dès 1964. Si la guerre froide a donc fondé la réalité du « bloc occidental », elle ne l’a pourtant jamais totalement unifié et, avec la chute du mur de Berlin et de l’Union Soviétique, elle a laissé l’Occident victorieux en manque d’ennemi pour s’affirmer.

Aujourd’hui, il semblerait que l’Occident se cherche des ennemis communs puisqu’il a réussi à instaurer une zone de paix autour de ses frontières proches et n’est pas uni dans ses conflits éloignés. En effet, l’Occident perd de nos jours son caractère de conquérant implacable pour s’offrir comme modèle de paix, de développement et de tolérance. Si cette vision est critiquable par le fait des critiques qu’on peut faire contre le matérialisme outrancier d’un Occident producteur d’exclusions et de nouvelle pauvreté, il n’en reste pas moins que ses conflits ont tendu à se réduire depuis la fin du XX° siècle. La réconciliation entre la France et l’Allemagne symbolisée par la construction européenne, mais aussi avec les anciens pays de l’Europe de l’Est et la coopération économique qui s’est mise en place avec la Chine montrent bien que l’Occident est entré dans une volonté de pacification. Ce refroidissement des tensions, si il est plaisant, a tout de même détruit l’unité Occidentale qui faisait force durant la guerre froide. On ne peut aujourd’hui plus du tout parler de politique extérieure commune au sein de l’Europe et encore moins de l’Occident puisque chaque pays s’est concentré sur ses intérêts et ses ennemis propres ;La France par exemple essayant d’imposer seule son autorité dans les conflits d’Afrique Noire. Les conflits diplomatiques engendrés par la guerre en Irak montrent bien cette division de l’Occident qui ne trouve plus d’ennemis commun pour imposer sa puissance. L’Occident est donc aujourd’hui divisé entre divers conflits périphériques et ne fait plus « bloc ». Cette situation est même l’une des principales causes de sa perte de pouvoir actuelle.

 
 

En conclusion, on peut dire que les principales caractéristiques de l’Occident ont connu une nette évolution suivant les époques jusqu’à devenir absolument incertaines aujourd’hui. Ainsi, l’espace géographique né de l’Europe et étendu vers les Etats-Unis, possède aujourd’hui des frontières assez floues. Il en est de même pour la culture chrétienne puis humaniste et libérale de l’Occident qui revêt à présent une forme hétéroclite et inspirée par les autres parties du globe. Les ennemis de l’Occident enfin, qui se sont incarné chez les chrétiens orthodoxes et les musulmans puis les communistes, sont aujourd’hui difficiles à définir clairement.

Par ce constat, il ressort que l’Occident ne possède véritablement pas de pertinence géopolitique réelle. Si occident il y a eu, cela a toujours été de façon imparfaite et contrastée. C’est en tout cas aujourd’hui une notion vide de sens qui ne peut pas être nommée concept car elle n’est la représentation abstraite d’aucun objet défini.

Il est donc urgent de s’alarmer de l’utilisation excessive qui est faite du terme Occident pour expliquer et justifier les différents conflits du monde. L’utilisation de cet argument par les médias et les hommes politiques cache certainement une réalité bien plus complexe et sûrement moins avouable. De plus, si le concept d’Occident n’existe pas, que penser de celui d’Orient, ou encore de Moyen-Orient ?


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philippe 29/01/2006 10:21

Quelques notes au fil du texte.
- Tu ne peux pas parler d'impulsion française au IVe siècle après JC...L'Empire romain d'Occident justement (ne pas oublier l'empire romaine d'Orient qui reste fort)se délite sous les attaques barbares. La division entre Empire Romain d'Orient et d'Occident n'a pas lieue pour la première fois en 395 mais c'est à ce moment qu'elle va être durable (pense à la Tétrarchie de Dioclétien).
Charlemagne tente de la réssuciter mais il aura toujours du mal: le seul empereur légitime règne en Orient, c'est pour ça qu'il essayera de se marier avec Irène qui est assise sur le trône impérial de Constantinople pour réunifier l'Empire romain.
Les Francs sont les alliés naturels de la papauté depuis Clovis. Ils défendent Rome contre les Lombards et la conversion de Clovis est une première marque d'influence de la papauté face à Constantinople qui converti elle aussi ses barbares comme les Bulgares.
Pour définir ta notion d'Occident, tu pourrais essayer de mesurer géographiquement l'expansion de la Chrétienté latine: la frontière passe dans les Balkans (comme c'est étonnant), mais aussi en Roumanie et en Russie.
Les luttes entre la papauté et le patriarcat de Constantinoples sont intenses et sont reprises par les Etats dans des conflits qui opposent des zones d'influences au moment où le tableau se complique par l'extension importante des Arabes.
- je pense qu'avec la Réforme et la Renaissance, la notion d'Occident transgresse son contenu religieux. L'ouverture à l'Amérique espagnole, canadienne et anglaise est biensûr religieuse mais aussi culturelle. Les "Occidentaux" commencent à partager une communauté de valeurs autour de l'importance de l'individu.
- toujours au fil du texte: COnstantin n'a pas "politisé la religion". Il a légalisé le Christinisme et l'a adopté comme religion personnelle: ce sont ses successeurs qui l'ont imposée aux païens. Par ailleurs, il faut faire attention de ne pas juger avec nos critères. Le mot politisation ne convient pas trop, je pense. Aujourd'hui, nous vivons une époque où le Salut est personnel. Jusqu'à la Réforme, il est collectif: le prince se préoccupe de ses sujets jusque dans l'au-delà.
- le Siècle des Lumière au "XIIe" > au XVIIIe je suppose.
- Attention: la Déclaration des Droits de l'Homme n'est pas la première, il y a les Bill of Rights américains
- tu as une vision eschatologique "du combat entre les Chrétiens et les polythéistes": la persécution n'a pas rassemblé les Chrétiens, elle les a beaucoup divisés en pulvérisant les communautés, en créant des problèmes de discipline, pense aux Donatistes africains ou au montanistes, aux Ariens, etc.
- le paroxysme de la guerre entre Byzantins et Occidentaux, ce n'est pas 1054 comme on le dit trop souvent. 1054 est une querelle de discipline, c'est plutôt 1204: la prise de la ville pas d'autres Chrétiens. Les Byzantins ne pardonnèrent jamais.

Enfin le fond de la réflexion est bien intéressant ...