Guerres et conflits du XX° Siècle, S. Chautard [Fiche, Livre, Histoire]

Publié le par Pauline Prodhome


D’un point de vue géopolitique, on peut estimer que le XX° siècle s’est déroulé de 1914 à 1990. De ce fait, ce siècle, relativement court mais profondément « barbare », est borné par l’entrée dans la première guerre mondiale ainsi que par la chute de l’URSS et du modèle communiste. On peut aussi estimer que les dix dernières années figurent comme étape de transition vers un XXI° siècle qui s’ouvre, différent du précédent. Pourtant, pour bien comprendre le futur et même le présent, il est important d’étudier le passé. Ainsi, si le XX° siècle est perçu en rupture avec le XIX° siècle de la confiance en l’homme en l’homme et la science ainsi que du désir d’égalisation des puissances européennes instaurées par le congrès de Vienne de septembre 1914 à juin 1915, il n’en reste pas moins qu’il puise ses sources dans cette même époque. On peut appliquer cette remarque au XXI° siècle qui s’ouvre sous nos yeux.

Dans cette perspective, il est utile de mettre à jour les conflits caractéristiques du XX° siècle en relevant un conflit par zone géographique (Europe, Amérique, Asie, Afrique). On se rend compte qu’il est alors impossible d’évoquer les deux guerres mondiales car elles ne peuvent s’étudier autrement que dans leur ensemble géographique. De plus, seuls les conflits véritablement résolus seront retenus car eux seuls permettent de tirer des conclusions sur le XX° siècle. Les conflits qui sont encore des sujets d’actualité constitueront peut-être plus tard par leur résolution des sujets majeurs du XXI° siècle. C’est le cas par exemple des conflits entre Israël et le monde arabe qui, selon moi, ne peuvent être appréhendés que dans une perspective de continuité historique. Enfin, on peut remarquer que seuls les conflits de pertinence mondiale seront appréhendés, laissant de côté les conflits d’ordre secondaire, régional ou même national, qui ne permettent pas de mettre en valeur la réalité internationale du XX° siècle.

Comme c’est le cas dans le livre Guerres et conflits du XX° siècle de S. Chautard qui m’a servi de base de travail, j’ai choisi de présenter les conflits suivant les différentes zones géographiques touchées. Pourtant, une certaine cohérence sera de mise car nous analyserons le bouleversement que fût la révolution bolchevique en Europe, avant d’entrer directement dans les conflits de guerre froide. Nous percevrons alors l’hégémonie instaurée par les Deux Grands caractérisée par la crise du canal de Suez ainsi que leur antagonisme, qui se résout soit diplomatiquement comme ce fût le cas lors de la crise des fusées de Cuba, soit par une guerre où les armes prolongent l’idéologie avec, comme exemple significatif la guerre du Vietnam. Enfin, il faut préciser que chaque conflit sera étudié suivant la même approche qui consiste à séparer ses causes de son déroulement pour finalement mettre en valeur la raison de son étude.

 

1. La révolution bolchevique (Février – Octobre 1917)

a) Causes du conflit

Une déferlante de protestations contre le Tsar Alexandre III puis Nicolas II surgit en Russie dès la fin du XIX° siècle. L’un et l’autre ont en effet mis en place un pouvoir autocratique sans failles. De plus, la modernisation économique du pays mise en place par Alexandre III fait naître de nouveaux groupes sociaux, bourgeoisie et classes moyennes d’une part et ouvriers de l’autre. Ces derniers se rangent du côté des paysans en manque de terre et réclament une profonde modification politique du régime. Les Problèmes économiques de la Russie vont s’intensifier avec le choc de la première guerre mondiale, tandis que les avancées allemandes vont ruiner le moral de la population et provoquer une désorganisation profonde du pays.

On peut aussi évoquer l’impact des idées du philosophe allemand K. Marx qui rédigea le Manifeste du parti communiste en 1848 et créa la I° internationale ouvrière en 1964. Celui-ci en effet évoque un matérialisme historique basé sur le conflit des classes sociales et qui débouchera sur une révolution prolétaire et l’avènement d’une société sans classes. Sa pensée eut de profondes répercussions en Europe et en Russie où on voit apparaître la tendance sociale démocrate. On peut remarquer que la Russie ne possède pourtant pas encore, selon K. Marx, les caractéristiques pour accomplir sa révolution car elle est restée principalement agraire.

Avec la défaite Russe contre le Japon en 1904 et les misères engendrées dans la population par l’alourdissement des impôts, la crise se manifeste une première fois par la révolution de 1905. Celle-ci débute la 22 janvier 1905 par le massacre du « dimanche rouge de Saint-Pétersbourg » des cosaques contre la population venue demander des réformes et se caractérise par une série de grèves ouvrières et de soulèvements paysans. Pour calmer les esprits, le Tsar Nicolas II proclame le manifeste d’octobre 1905 et divise ses adversaires en opprimant les socialistes. Après l’écrasement, en janvier 1906, de l’insurrection de Moscou, le Tsar revient sur ses réformes libérales. Les deux premières Douma sont dissoutes et remplacées par une « Douma des Seigneurs » et les révolutionnaires libéraux et socialistes gardent donc entières leur revendications.

b) Déroulement du conflit

La révolution de 1917 s’est déroulée en deux temps. La première étape, dite « Révolution de février » va conduire à l’abdication du Tsar Nicolas II. Ainsi, du 8 au 12 mars 1917 (ou du 23 au 27 février sur le calendrier orthodoxe), se produisent à Petrograd des troubles spontanés provoqués par la faim et la misère. On constate alors que le Tsar n’a plus d’autorité dans sa capitale et, pour combler le vide politique, deux pouvoirs se forment simultanément : le premier, issu de la douma et libéral, prend le nom de gouvernement provisoire tandis que l’autre, né du mouvement populaire et socialiste, se nomme Soviet de Petrograd. Le 15 mars la Tsar abdique en faveur de son frère, le Grand duc Michel, qui refuse le pouvoir le 16 mars. C’est la fin de la dynastie des Romanov.

Après cette première révolution, les deux pouvoirs cohabitent en Russie mais il semble en fait que le pays souffre d’une absence de pouvoir réel. En effet, le gouvernement provisoire libéral n’a pas d’autorité car ne possède pas la confiance du peuple tandis que le Soviet refuse d’assumer les responsabilités du gouvernement tout en exerçant un contrôle méfiant sur celui-ci. Le gouvernement provisoire connaît donc une rapide usure et prend un certain nombre de mesures libérales et sociales tout en refusant de se prononcer sur les exigences essentielles des masses (partage des Terres et paix immédiate). En mars-avril 1917 l’opposition sur le problème de la guerre provoque une crise grave et la chute du premier gouvernement provisoire. Le second gouvernement provisoire suit la même politique et le peuple, las d’attendre, se tourne vers les Bolcheviks. D’autre part, Lénine, exilé en Suisse pendant la révolution de Février, revient en Russie durant le mois d’avril et y publie les « Thèses d’avril » avant de repartir en Finlande en juillet sous la pression du gouvernement provisoire.

Fin août, le chef de l’armée, le général Kornilov, tente un putsch et Kérensky doit, pour le combattre, laisser se reconstituer les milices bolcheviques qui ont pris ainsi une importance considérable. Ils acquièrent la majorité des soviets de Petrograd, de Moscou et d’autres grandes villes. C’est ce moment que choisit Lénine pour s’emparer du pouvoir. Trotski prépare l’insurrection prévue dans la nuit du 6 au 7 novembre (24 au 25 octobre sur le calendrier russe), juste avant l’ouverture du congrès des soviets de toute la russie. Les milices bolcheviques s’emparent, sans effusions de sang, des points stratégiques de la capitale et Kérensky s’enfuit au matin. Les bolcheviks ont alors conquis le pouvoir en Russie.

c) Conséquences et importance du conflit

Les conséquences directes de la révolution bolchevique sont nombreuses et diverses. Déjà, elle a permis l’instauration d’un régime communiste en Russie. Ensuite, elle a provoqué l’arrêt immédiat de la guerre sur le front russe, déstabilisant ses alliés qui se retrouvèrent en situation précaire face à l’Allemagne. Cette situation a été corrigée par l’entrée en Guerre des Etats-Unis en 1919 et a permis une victoire des alliés. Enfin, suivant la volonté de Lénine, elle a mis en place toute une série de bouleversements politiques et sociaux en Europe. En France par exemple, on peut évoquer la scission de la SFIO au congrès de Tours qui fonda le PCF.

Les conséquences de l’instauration du communisme en Russie sont surtout remarquables après la seconde guerre mondiale. Ainsi, la Russie apparaît comme l’un des grands vainqueurs de 1945 et étend son influence aux pays de l’Europe de l’Est en opposition avec la partie Occidentale du monde incarnée par les Etats-Unis. En quelque sorte, on peut dire que la révolution bolchevique est la cause première de la guerre froide. Elle a donc influencée la majeure partie des relations internationales du XX° siècle.

2. La crise de Suez (Octobre – Novembre 1956)

a) Causes du conflit

Le canal de Suez est un canal maritime d’une longueur de 162,5 km et d’une largeur de 190 mètres situé en territoire égyptien reliant la Mer Rouge et la Méditerranée. Permettant le passage de navires de fort tonnage et réduisant considérablement la distance entre l’Europe et l’Asie, son importance économique est considérable. Le canal a été creusé au XIX° siècle sous une forte influence française puisque il vient d’un projet de Bonaparte et a été réalisé Ferdinand de Lesseps qui obtint du roi d’Egypte un acte de concession du canal en 1854 et fit commencer les travaux en 1859. La majeure partie des actions du canal (les parts égyptiennes) ont pourtant été vendues en 1875, par manque de capitaux égyptiens pour assumer le coût de ce projet, au gouvernement britannique qui resta maître du passage pendant presque un siècle.

Dans les années 1950, Nasser met en place une large politique de modernisation du pays qui se traduit par la construction d’un grand barrage sur le Nil pour irriguer les plaines en dehors des crues. La construction de ce barrage d’Assouan réclame pourtant un investissement économique considérable, que l’Egypte n’est pas prête à assumer. La question se pose donc rapidement sur le moyen de récolter des capitaux et Nasser se tourne vers l’Angleterre et les Etats-Unis qui refusent de lui accorder leurs crédits pour des raisons idéologiques. Nasser en effet a des tendances socialisantes que rejettent les occidentaux. Il doit donc trouver un autre moyen pour récolter des fonds et la nationalisation du canal de Suez lui semble être le meilleur moyen puisque cela le détacherait par la même occasion de l’influence de l’Europe occidentale.

 

b) Déroulement du conflit

Le 26 juillet 1956, le président Egyptien Nasser décide donc de nationaliser le canal de Suez et d’imposer une taxe de passage aux pays qui souhaitent l’utiliser. La France et la Grande Bretagne, soutenus par Israël, principaux utilisateurs du canal de Suez, tentent de faire prévaloir leurs droits sur le canal et lancent le 31 octobre 1956 l’opération Mousquetaire. Ainsi, un corps expéditionnaire débarque à Port-Saïd le 5 novembre et occupe rapidement la zone du canal. La victoire militaire semble alors rapidement acquise.

Pourtant, les Deux Grands s’opposent à l’intervention européenne à Suez et font rapidement pression, chacun à leur manière, pour que la France et la grande Bretagne abandonnent Suez. La pression soviétique est largement diplomatique puisque le pays menace d’une intervention à Suez si les trois occupants ne décident pas de quitter l’Egypte rapidement. Au contraire, la réaction américaine ne peut se faire de façon aussi direct puisque les pays en jeux font partie de sa zone d’influence et constituent une part de son rayonnement au travers de l’Alliance Atlantique. Ainsi, les Etats-Unis vont exercer une pression économique et surtout monétaire sur les belligérants, faisant chuter dangereusement le cours de leurs monnaies.

c) Conséquences et importance du conflit

Les pressions internationales contraignent les pays européens à signer un cessez-le-feu le 6 novembre 1956 et à se retirer du canal de Suez, laissant Nasser à son projet de nationalisation du canal. Israël, qui avait envahi le Sinaï va aussi signer le cessez-le-feu, mais une force des Nations Unis devra être envoyée pour s’interposer entre Egyptiens et Israéliens. Le statut du canal de Suez quand à lui, fût rouvert à la navigation seulement après la signature des accords de Rome d’avril 1958.

Ce conflit montre l’hégémonie des Deux Grands qui, pour la première fois, agissent dans le même sens. Ainsi, il met en valeur le renversement dans l’ordre des puissances qui résulte des deux conflits mondiaux et principalement de la situation de 1945. La France et l’Angleterre, deux anciennes puissances maritimes et mondiales sont maintenant totalement dépassés par l’essor pris pas la Super-puissance maritime que sont les Etats-Unis et la Super-puissance continentale que constitue l’URSS. Ce basculement des puissances restera une réalité durant toute la suite du XX° siècle et les anciennes puissances européennes seront cantonnées à rester les « vassaux » des Etats-Unis, dans le cadre de l’alliance atlantique. Ce conflit, pourtant de force moyenne, tirera de cette constatation son importance dans l’histoire.

3. La crise des fusées de Cuba (Octobre 1962)

a) Causes du conflit

Après la tentative de détente des relations Est-ouest qui s’est déroulée de 1953 à 1956, les tensions ont reprises entre les deux camps par l’initiative soviétique enhardie pas son les succès de son astronautique et par le dédain qu’éprouve le numéro 1 russe envers le président américain Kennedy. D’autre part, l’année 1959 voit l’occupation de la Havane par les guérilleros de Fidel Castro qui parviennent à chasser du pouvoir le dictateur Batista. Fidel Castro est un jeune avocat nationaliste qui souhaite pour son pays une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats-Unis ainsi que de grandes réformes sociales. Il n’est pourtant ni communiste ni partisan d’une rupture totale avec les Etats-Unis. Pourtant, les Etats-Unis craignent ce changement de pouvoir et font preuve d’intransigeance envers le nouveau gouvernement en place. Ils n’hésitent pas à qualifier Fidel Castro de « dictateur marxiste », ce qui aura effet de jeter ce dernier dans les bras des soviétiques.

La fin de la présidence d’Eisenhower sera caractérisée par cette dégradation des rapports entre les Etats-Unis et Cuba tandis que Fidel Castro signe des accords avec l’URSS et nationalise les entreprises américaines en 1960. En réponse, Washington décide en octobre 1960 un embargo total sur le commerce américain vers Cuba. L’URSS enfin fait connaître son amitié envers l’île et affirme qu’elle la défendra en cas d’attaque américaine tandis que Ernesto « Che » Gevara annonce solennellement le 3 juillet 1960 que Cuba fait partie du « camps socialiste ».

b) Déroulement du conflit

C’est lors de la présidentielle de Kennedy que le conflit s’accentue et en avril 1961 il donne son accord au projet d’invasion de l’île. Cuba est alors bombardée par des B 26 camouflés en avions cubains et une petite force débarque dans la baie des cochons. Pourtant, le soulèvement général contre le régime espéré par les américains ne se produit pas et les envahisseurs sont repoussés. Le 11 septembre 1962, une note du gouvernement soviétique énonce que toute attaque contre Cuba provoquerait un conflit mondial. La réponse ne se fait pas attendre puisque le 3 octobre, une déclaration du congrès américain menace d’employer la force pour empêcher une action subversive dans l’hémisphère occidental. C’est alors une escalade de la violence qui semble se mettre en œuvre.

Le 14 octobre 1962, des avions survolant le territoire cubain à très haute altitude y ont repéré des rampes de lancement en cours d’installation pouvant recevoir des engins balistiques à moyenne portée capables d’atteindre une partie du territoire américain. En même temps, Kennedy s’aperçoit que des cargos soviétiques portant des fusées et de bombardiers font route vers l’île. Celui-ci réagit avec la plus grande fermeté puisqu’il prononce un discours très dur à l’encontre des soviétiques le 22 octobre 1962 et envisage plusieurs formes de riposte.

La résolution du conflit est venue finalement d’une reculade de Moscou à qui Kennedy avait laissé la possibilité de reculer sans perdre la face. Le 28 octobre, Khrouchtchev décide de faire faire demi-tour à sa flotte et de retirer les missiles et bombardiers installés à Cuba. En échange, les américains lèvent le blocus et promettent de ne pas envahir l’île. La crise s’apaise rapidement.

c) Conséquences et importance du conflit

La peur entraînée par ce conflit crée un tournant majeur dans les relations internationales puisqu’elle ouvre une période de « coexistence pacifique » entre les deux grands. En effet, le détail le plus significatif réside dans l’installation d’un « téléphone rouge » entre Washington et Moscou, permettant aux deux Grands de rentrer en contact rapidement en cas de crise grave. Enfin, les Deux Grands se rendent compte de la dangerosité de l’arme atomique et cherchent à limiter son développement. Cela se caractérise par la signature, le 1° juillet 1968, d’un traité sur la non-prolifération de l’arme atomique où les pays qui la possèdent s’engagent à ne pas en dévoiler le secret de fabrication aux autres pays. La France et la Chine, qui sont en train de fabriquer la leur, refusent de signer le traité. Les accords SALT I du 26 mai 1972 et SALT II du 18 juin 1979 entérinèrent cette volonté de limiter les armes nucléaires.

L’importance de se conflit réside dans le fait qu’il a mis « le monde au bord du gouffre » en laissant, jusqu’à la fin, la perspective d’une troisième guerre mondiale à caractère nucléaire. Effectivement, il montre la volonté des Deux Grands de ne pas rentrer dans un conflit ouvert. Il a aussi mis en valeur le caractère dissuasif et non pas offensif de l’arme nucléaire. Cette conception des choses, ainsi que la volonté de non-prolifération de la force atomique ont marqué toute la suite du XX° siècle. Pourtant, on peut affirmer que le traité signé en 1968 n’a pas été appliqué puisqu’un grand nombre de puissances moyennes ou régionales telles que l’Inde sont parvenus à se doter de l’arme nucléaire. On peut aussi noter que Israël, allié privilégié des Etats-Unis, possède environ 400 têtes nucléaires. Si la théorie caractérise le XX° siècle, il n’en est pas de même pour la pratique.

4. La guerre du Vietnam (Février 65 – Avril 75)

a) Causes du conflit

Depuis 1954, les accords de Genève ont prévu l’arrêt des combats entre la France et l’Indochine française en accordant l’indépendance à cette dernière. Les accords de Genève prévoyaient la réunification du Vietnam mais ils n’ont été signés ni par les Etats-Unis ni par les sud-vietnamiens et une coupure durable paraît alors s’imposer d’une part et d’autre du 17° parallèle entre le Nord-Vietnam communiste de Hô Chi Minh et le Sud-Vietnam de Ngo Dinh Diem qui y exerce une dictature militaire pro-américaine.

En application à la « théorie des dominos » de Foster les Etats-Unis apportent leur aide financière et matérielle au Sud-Vietnam et aux Etats anti-communistes situés dans la région à partir de 1956. Durant cette période, des maquis s’organisent dans le Sud-Vietnam en résistance à la dictature de Ngo Dinh Diem et se rassemblent autour du FLN à dominante marxiste et soutenu par le Vietminh et la Chine communiste. Quand Kennedy prend le pouvoir aux Etats-Unis en 1961, on compte 7 à 8 fois plus d’hommes parmi le FLN que dans les troupes de Diem

b) Déroulement du conflit

Dans ce climat de tensions, a lieu, en août 1964, « l’incident du golfe du Tonkin » où un navire de guerre américain, le Maddox, est mitraillé par des patrouilleurs Nord-Vietnamiens. En réponse, Kennedy fait mitrailler le Nord-Vietnam par les B 52. Ainsi commence l’intervention armée américaine au Vietnam. Le 10 aout 1965, le congrès américain a officiellement choisi la guerre et plus de 500 000 GI’s combattent aux cotés de 800 000 Sud-Vietnamiens.

Au début de l’année 1968, alors qu’une partie de l’opinion américaine et mondiale manifeste son opposition à la guerre, une attaque générale est lancée par le FLN contre les bases américaines du Sud. C’est l’ « offensive du Têt » qui est difficilement repoussée par les américains. Cela montre à Washington qu’une victoire sur le Vietnam imposerait l’entrée dans une guerre totale très coûteuse.

L’arrivée au pouvoir de R. Nixon en 1969 coïncide avec un changement de politique américaine à l’égard du Vietnam. Celui-ci annonce en effet un retrait progressif des forces armées engagées en Indochine et en juillet 1969 il prononce à Guam un discours sur la « Vietnamisation » où il déclare que des aides financières seront apportées aux pays qui le désirent à la condition qu’ils fournissent eux-mêmes les hommes et assurent la responsabilité d’un conflit contre le Vietnam communiste. Ce retrait mesuré des forces américaines qui continuent à sévit au Vietnam-Nord, au Laos et au Cambodge ne met pourtant pas fin aux manifestation pacifistes. Un désengagement total s’imposera alors, qui se soldera par la signature des accords de Paris en janvier 1973. Les conflits dureront pourtant encore deux ans dans cette région car le cessez-le-feu sera fréquemment violé par les deux parties.

c) Conséquences et importance du conflit

Ce conflit a été très coûteux que ce soit d’un point de vue humain (56 000 morts), financier (problèmes d’inflation) et psychologique (première guerre filmée) pour les Etats-Unis et les répercussions se ressentent autant au niveau international avec une baisse d’influence de la puissance américaine que au niveau national avec la division de la population au sujet de l’attitude à adopter et le déroulement des crises de 1968. De plus, la fin du conflit elle-même est une atteinte aux Etats-Unis puisqu’il se solde par l’invasion en 1975 du Vietnam-Sud par le Vietnam-Sud, laissant toute la région aux mains des communistes. Enfin, les Etats-Unis n’ont pas été acqueillis dans ce conflit comme « les sauveurs attendus de la démocratie » et ont rencontré une résistance de la population vietnamienne à leur intervention.

De ce fait, ce conflit est très important dans l’histoire du XX° siècle car il représente le premier échec, tant diplomatique que militaire des Etats-Unis. Il constitue aussi un grand traumatisme pour les Etats-Unis qui guideront sa politique jusqu’à la fin du siècle, et même encore aujourd’hui. Devant cet échec, les américains ont dû réaffirmer leur suprématie matérielle et idéologique pour ne pas succomber aux pressions communistes.

 
Conclusion

Au travers de ces quatre conflits, on peut voir que l’affrontement politique, militaire et idéologique entre l’Est continental et communiste et l’Ouest maritime et libéral a constitué le sujet principal des relations internationales du XX° siècle. Cela est surtout remarquable après 1947 puisque, durant la guerre froide, chacune des « Super-puissances » que sont les Etats-Unis et l’URSS était engagée, entourée de sa zone d’influence constituée de pays de puissance moyenne ou faible, dans une lutte contre l’autre camp.

Si on ajoute à cela la barbarie des deux guerres mondiales, où l’Europe s’est littéralement suicidée, et aux mouvements de décolonisation de la seconde moitié du siècle, on peut aisément se rendre compte que le XX° siècle a été celui du jeu des puissances, opposant au déclin des vieilles puissances européennes, l’essor des Etats-Unis et de la Russie. La fin du XX° siècle est donc vue, pour cette raison, comme le moment de la chute de l’URSS qui brise cet équilibre bipolaire des puissances laissant la place libre aux Etats-Unis pour exercer leur hégémonie mondiale.

Enfin, On peut penser que l’hégémonie américaine ne survivra pas à la période de transition que nous sommes en train de vivre et que de nouveaux ennemis vont bientôt lui faire face. Les mouvements de contestation du pouvoir américain qui apparaissent, tant au niveau du moyen orient que dans l’axe Paris-Berlin-Moscou mais aussi la montée en puissance de la puissance chinoise ouvrent la voie à de nouveaux conflits qui caractériseront le XXI° siècle. Mais l’histoire seule pourra juger de cette spéculation…

 
 
Bibliographie

·        Guerres et Conflits du XX° siècle de S. Chautard

·        Le Petit Robert des noms propres

·        Histoire du XX° siècle de S. Berstein et P. Milza tomes 1 et 2

·        Dictionnaire des relations internationales au 20° siècle de M. Vaisse

 

 

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